Mon avenir

MC :
J’ai perdu toute ma famille (sanglots). Ils se sont tous enfuis et je ne suis plus en contact avec eux. Je suis cependant restée en contact avec ma mère, mais elle ne peut rien faire pour moi. Je ne peux pas rentrer au pays car ils vont tout faire pour me tuer. Si je peux gagner un peu d’argent je compte rester au Maroc.

DM :
Je ne peux revenir au pays, car ce sont mes proches qui comptent sur moi pour les aider et non le contraire. C’est difficile de revenir en échec.

SI :
Je vais voir avec la Caritas pour inscrire ma fille dans une garderie. Ainsi je pourrai chercher du travail, par exemple du travail de ménage.

SM :
Nous sommes pauvres, mais ce n’est pas notre faute, c’est Dieu qui a décidé ainsi. Personne ne décide de son destin. Etre pauvre ne me fait pas très mal, mais être séparée de ma fille me fait mal. Elle a besoin de sa maman à côté d’elle. Un jour tôt ou tard, nous vivrons ensembles. Je suis toujours jeune. Je peux trouver quelqu’un qui va m’aimer. Je veux que ma fille termine ses études. Je veux qu’elle obtienne un diplôme.

ABSt (ancienne migrante, membre de l’équipe):
Pour se construire une vie, ce n’est pas ça. Il te faut un endroit où tu puisses vivre. J’ai encore du temps. Avec l’aide de Dieu, il me protégera et fera aboutir certains de mes rêves. Je suis confiante.

AT :
Je ne sais pas ce que je ferai lorsque je devrai quitter. Ma fille est très petite, elle a 1 mois et je ne sais pas ce que je vais faire. Elle est née le 2 août et ça ne sera pas facile de trouver du travail. Pour le moment je n’ai pas encore participé à des cours, mais je pense y aller. J’aimerais suivre une formation… on ne sait jamais.

CAC :
Si je pouvais venir en arrière, je ne quitterais pas le Cameroun. Au Maroc c’est très difficile pour les femmes. Peut-être je retournerai dans mon pays lorsque le bébé sera plus grand.

DS :
A cause de mon enfant né hors mariage, aucun membre de ma famille ne peut m’aider. Je n’ai pas d’amis au Maroc. J’ai besoin d’aide. Je suis fatiguée et confuse. Je ne sais pas quoi faire. Si je reçois de l’aide, je me renforcerai et je pourrai travailler.

MM :
J’ai besoin de personnes qui m’aident  pour trouver du travail. Il n’y a pas beaucoup de travail et il est pour les Marocains. Je suis d’accord de faire n’importe quel travail que je trouverai ici. J’aime bien m’occuper d’enfants. Je peux rester trois mois ici pour me préparer et j’espère que jusque-là je trouverai quelque chose et pourrai louer une petite chambre.

TM :
Tout ce que je demande, c’est de pouvoir aider mes enfants. Je leur demande pardon de les avoir laissés, mais je ne voyais pas d’autre possibilité. J’aimerais qu’ils aient une meilleure vie que moi. Parfois je les appelle, mais il y a longtemps qu’on n’a pas pu causer. Mon espoir est toujours de pouvoir entrer en Europe.