Vie au Maroc

DM :
Arrivée sur le terrain ici (au Maroc), ce n’était pas ce que je pensais. L’amie en question ne m’a pas du tout aidée. Le travail proposé était louche, proche de la prostitution. Cela ne m’intéressait pas…quand tu demandes du travail chez les Marocains et que tu as un enfant, ils refusent. J’avais même du mal à trouver un endroit pour dormir. C’était très difficile.

AT :
Je suis arrivée à Casablanca. Je suis restée un ou 2 mois sans travailler, puis une voisine m’a dit de partir à Nador. Là-bas il y aurait Médecins sans frontières (MSF) qui prennent en charge les femmes enceintes. Je suis partie là-bas, le voyage était très fatigant. A Nador on ne peut pas louer une chambre, on passe la nuit dans la forêt. On ne sait pas ce qui va nous arriver sur les collines là-bas. Parfois on est chassés par les policiers. J’étais en état de famine et enceinte, mais je courais sur les collines. MSF m’ont hébergée  et aidée jusqu’à mon accouchement. Un mois plus tard j’ai dû partir, car il y avait beaucoup de femmes qui venaient accoucher chez eux et il n’y avait plus de place.

RMKSt (ancien migrant, membre de l’équipe):
Nous dormions dans la même chambre et dans le même lit en plus de José qui dormait dans un petit lit. A l’époque, nous n’osions pas sortir car nous risquions d’être arrêtés par la police. Nous mangions à six personnes une seule boîte de sardines. Nous avons passé des moments de stress et de traumatismes. Il y avait des arrestations à 3h du matin. La police passait dans les maisons. Nous avons demandé au HCR des papiers de demandeurs d’asile mais ceux-ci n’étaient pas reconnus par la police. Nous avons donc créé l’Arcom pour nous faire entendre.