Biographies

Lors de notre visite à Rabat en janvier 2026, nous avons rencontré les migrantes et les membres de l’équipe (anciennes migrantes). Nous avons interviewé un certain nombre de personnes, en particulier les réfugiées provenant de pays en guerre (voir « Réfugiées« ).

Les migrantes et leurs enfants logées dans les 3 appartements de l’Arcom provenaient des pays suivants: Soudan (18), Centreafrique (4), Éthiopie (8), Côte d’Ivoire (17), Nigeria (1), Congo (6), Mali (4), Gambie (2), au total 60 personnes dont 22 enfants. Les migrantes du Soudan, de l’Éthiopie et du Mali sont des réfugiées qui ont fui la guerre.

Au niveau des qualifications professionnelles, la plupart des migrantes interviewées n’en ont pas car elles ont dû arrêter leur scolarité à un âge précoce.

Brève biographie de responsables de l’ARCOM

Emmanuel Mbolela:

Source : RTS
Réfugié politique provenant de la République démocratique du Congo (RDC) et écrivain. A écrit le livre « Réfugié » paru aux éditions Libertalia en 2017. Dans son livre, il décrit son propre parcours au cours duquel il a vécu les mêmes difficultés que des milliers d’autres migrants et migrantes: racket des douaniers, business des passeurs, embuscades dans le désert du Sahara, travail au noir à Tamanrasset en Algérie, et enfin le Maroc où il reste bloqué pendant 4 ans.

Source: RTS

Dans son récit il explique comment les femmes subissent encore plus de violence et d’exploitation tout au long de leur parcours. Plus tard Emmanuel Mbolela obtient l’asile aux Pays-Bas. Il effectue des tournées de présentation de son livre et œuvre pour récolter les moyens financiers afin de financer le projet d’appartements refuge à Rabat.

Jonas Nsona:

Jonas Nsona est responsable de la bonne gestion de l’ensemble des services fournis par l’Arcom (hébergement, nourriture, enseignement).

Il accompagne également à l’hôpital les femmes qui doivent accoucher et effectue les démarches afin d’obtenir l’acte de naissance du bébé.

Depuis l’année 2018, Jonas Nsona est responsable de la gestion locale de la structure d’accueil de l’Arcom. Il accueille les migrantes, il les enregistre et s’occupe de leur intégration au sein de l’Arcom. Il s’occupe aussi d’effectuer les démarches afin qu’elles obtiennent un papier du HCR indiquant que leur demande de reconnaissance comme réfugiées est en cours de traitement. Il est aussi responsable que les personnes hébergées aient leurs papiers (actes de naissance, passeports, certificat HCR). Sans papiers, les migrantes risquent la prison ou la remise à la frontière.

Mariame Diaby:

Mariame Diaby est Ivoirienne. Dans son pays, elle a été secrétaire. Après le décès de ses parents, elle broyait du noir et a ressenti le besoin d’émigrer au Maroc. Une fois arrivée, elle a essayé de faire des affaires, puis a travaillé comme nounou pour la garde des enfants. Par la suite, elle a suivi le cours d’entrepreneuriat offert par l’Arcom. Elle a fait son stage avec les migrantes qui y résidaient. Ayant été remarquée pour la qualité de son travail, elle a été engagée pour encadrer les migrantes. Elle se plait beaucoup et cherche à remonter le moral des migrantes en difficulté. Elle est contente de travailler dans le domaine de l’humanitaire.

Adolphine Tsahala:

Adolphine Tsahala est arrivée au Maroc en Novembre 2018. Elle a quitté la RDC (Congo Kinshasa) à cause de la guerre. La guerre et les massacres continuent à l’est de la RDC. Adolphine est titulaire d’un diplôme d’infirmière et a exercé à l’hôpital de Kinshasa auprès de patients atteints du SIDA. Arrivée au Maroc, elle a été engagée par une dame pour soigner sa mère gravement malade. Par la suite cette personne est décédée et Adolphine a eu d’autres mandats auprès de patients. Puis elle a suivi le cours d’auto-entrepreneuriat donné par l’Arcom. Elle a aussi participé auprès de l’Arcom à l’espace femme. C’est à cette occasion que l’Arcom l’a engagée pour encadrer les migrantes.

Rosine:

Responsable des cours et professeure de français pour adolescents. Originaire de la Côte d’Ivoire, elle a quitté son pays en 2011 lorsque Laurent Gbagbo a été arrêté et que les frontières se sont ouvertes. Avec sa fille elle a traversé le désert pour arriver au Maroc où son mari résidait déjà. Mais il n’y avait pas de travail. L’église catholique l’a prise en charge avec sa fille. Ensuite, c’est le HCR qui l’a prise en charge pendant un certain temps. Elle s’est séparée de son mari. Mais le HCR a subitement arrêté son soutien. Rosine a pu loger à l’ARCOM pendant quelques mois. Elle a proposé aux responsables de se joindre à l’équipe afin d’aider les autres migrantes.

Depuis 2017, elle travaille auprès des enfants et leur enseigne à lire, à parler et à raconter des histoires. C’est ainsi qu’une petite école a été créée. Toute la semaine, du lundi au samedi, l’école est pleine. Certains élèves viennent le matin, d’autres l’après-midi. Il y a toujours du monde.